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mardi 11 novembre 2008

Mois de la Photo

Novembre, c'est le mois de la photo à Paris mais aussi à Rome, à Berlin, Moscou, Vienne entre autres. Déjà bien entamé, me direz-vous...

Souvent l'occasion de découvrir de nouveaux photographes contemporains et d'aller arpenter des lieux d'exposition connus ou moins connus.

Pour info, en mode télégraphique:

Liste des expositions et programme à télécharger (site de la MEP)

Quelques extraits visuels

Un blog qui recense les vernissages, pour les plus assidus. je ne sais pas s'il en reste beaucoup.

Avis aux amateurs: je suis preneuse de suggestions pour savoir par où commencer! Pour l'instant je n'ai encore rien vu.

dimanche 14 septembre 2008

Retrouvailles parisiennes

L'été indien serait-il arrivé? Le soleil revenu m'a réconciliée avec la rentrée à Paris! De quoi redonner le sourire même si les vacances sont finies... C'est maintenant que je réalise véritablement tous les bienfaits de la vraie coupure du mois d'août... (un autre extrait là)

Je retrouve avec plaisir les ballades dans mon quartier et ailleurs, le footing du dimanche matin au bois de Vincennes, avec le soleil en prime (beaucoup de monde qui s'entraine pour les 20kms de Paris en ce moment, et pas mal d'adeptes des bonnes résolutions de la rentrée!), les dîners entre amis. On se sent toujours plus chez soi quand, après un an, on voit repasser les saisons déjà vécues au même endroit. Une agréable surprise de constater qu'on vous rappelle après l'été dans une ville où vous vous êtes installés il n'y a pas si longtemps.

Une petite note culturelle juste en passant: pour ceux qui avait raté la dernière expo ou qui en redemandent, les clichés new-yorkais de Saul Leiter sont à nouveau visibles, cette fois à la galerie Camera Obscura (268, boulevard Raspail, 75014, mardi-samedi 14h-19h)


mardi 27 mai 2008

New York, photos de Franck Horvat

Une petite porte et un escalier donnant sur une galerie bien cachée dans une cave voûtée, à l'entrée d'un passage pavé, havre de paix à deux pas du brouhaha de la foule et du ronron des moteurs de la place de la Bastille...

New York up and down. New York... c'est vraiment la Venise des photographes! Là ce sont des photos du New York des années 1980 hautes en couleurs et en contrastes. Au début on se demande ce qu'il cherche à montrer, s'il y a une logique particulière dans les choix des prises de vues. Ce sont des clichés pris sur le mode instantanné, avec la volonté de valoriser un maximum l'utilisation de la pellicule couleur, le photographe étant plus coutumier du noir et blanc utilisé dans ses photos de mode (sa première carrière, avec Harper's Bazaar).

Quelques angles de vue bien choisis qui ne sont pas sans rappeler des perspectives de Saul Leiter, même si les personnages sont bien plus présents (et il ne s'en dégage pas forcément la même poésie). Néanmoins un sympathique visage de New York, plein de constrastes, sous le regard d'un photographe attentif à l'équilibre des couleurs. Pour ceux/celles qui n'ont pas le temps de voyager dans l'immédiat, c'est rafraîchissant et c'est déjà beaucoup. Un joli espace que cette galerie, et c'était pas loin même sous la pluie...

(c) Frank Horvat
© Franck Horvat

Cela m'a permis de découvrir un photographe inconnu au bataillon, les archives d'une carrière partagée entre mode, reportage et quelques recherches personnelles sont sur son site. Il y a aussi un aperçu de ce que pouvait être un tour du monde de photographe il y a 40 ans (spécial dédicace!)

Sinon j'ai un peu de mal à écrire et à vous suivre en ce moment parce que non seulement c'est pas les activités qui manquent, mais en plus j'ai l'avant-bras souffreteux... Le Doc a dit "arrêtez l'ordinateur", donc - bien sagement - j'écoute à moitié en essayant de limiter la fréquentation du couple clavier-souris au minimum vital, pardon, au strict nécessaire... les risques insoupçonnés du métiers...

> Galerie La Maison-près Bastille, 12 rue Darval 75011

dimanche 4 mai 2008

Les Parisiens, le photographe et l'Occupation

Je suis allée voir cette exposition dont le tout-Paris a tant parlé, débattu, discuté le bien-fondé, ou défendu l'existence, et dont on a même retiré les affiches. Au passage, "les" Parisiens sont devenus "des" Parisiens pour marquer un peu plus de distance avec cette représentation d'un quotidien trop banal dans une époque qui l'était beaucoup moins.

André Zucca, dont, personnellement, les photos et le regard m'intéressent plus que la biographie, même s'il faut garder ces éléments à l'esprit, y compris ce qu'il a fait avant (si on faisait passer la bio avant les contenus, il y a beaucoup de livres qu'on ne lirait plus...), était un photographe de reportage, de presse et de guerre, avant d'oeuvrer dans Paris occupé. Porteur d'une vision sélective, puisqu'il travaillait en l'occurrence pour l'occupant nazi.

Que montrent ces images? Des lieux connus qu'on se surprend à reconnaître quasiment identiques à ce qu'il sont aujourd'hui. Des scènes presque bon enfant, des théâtres et des cinémas avec spectacle à l'affiche, des gens dans les rues qui se déplacent, à vélo, surtout, se promènent ou achètent ce qui se vend. Des terrasses de café, celles-là mêmes qui existent encore aujourd'hui. Des soldats allemands, des enseignes allemandes, des affiches de propagande allemande sur les murs. Des jeunes filles maquillées et souriantes, des femmes à chapeau, ou portant des chaussures à semelle de bois. Pas une seule étoile jaune identifiable sur 270 clichés, aucun grafiti d'opposition au nazisme.

Des Parisiens qui se divertissent... Une vision tronquée, donc, mais néanmoins réaliste dans sa partialité. Zucca montre la vie parisienne qui plaît à l'occupant, assurément, mais il ne l'a ni mise en scène ni inventée. Son regard n'est pas dénué d'intérêt. Il y a quelques belles photos; ce sont des documents qui ne prétendent pas plus à l'exhaustivité que tout autre cliché. L'impression de vide qui domine certains clichés, la rareté des véhicules restent évocatrices et rappellent qu'il y a quelque chose qui cloche cette alégresse de printemps. La propagande, le rationnement apparaissent sur d'autres, pour peu qu'on y prête un peu attention.

Alors, polémique justifiée ou pas? On en retrouve les traces dans le livre d'or, qui mérite qu'on s'arrête pour le feuilleter. L'accrochage et la présentation de l'exposition n'ont pas été pensés de la meilleure manière qui soit. Evidemment, présenter ces images brutes sans éléments de contexte relèverait de la provocation: nous sommes dans un pays qui a encore du mal à digérer certaines période de son histoire, rappelons-le. Provocation d'autant plus que l'exposition se tient dans un lieu où les historiens sont loin d'être absents, la bibliothèque historique de la ville de Paris. Des commentaires ont donc été ajouté ici et là.

On peut s'amuser de certaines précisions précautionneuses, justement: "aucune de ces photographies couleur n'est parue dans Signal" [la feuille de propagande nazi pour laquelle travaillait le photographe pendant ces années-là] et puis, quelques mètres plus loin, "André Zucca utilisait le nouveau film Agfacolor mais il emportait toujours ses deux boîtiers, la Rolleiflex grand format avec le film traditionnel noir et blanc et le Leica avec la pellicule Agfa... les prises de vue noir et blanc et couleur sont quasiment les mêmes, il a pris soin de doubler ses clichés en prenant une photo couleur et une photo noir et blanc au même endroit, parfois à moins d'une minute d'intervalle" (je cite de mémoire, mais en substance, le propos est celui-là) Donc oui, les photographies couleur de l'exposition ne sont pas parues dans une publication nazi. Ce sont les noirs et blancs qu'il fournissait à Signal. Il n'est pas dit, par contre, que les doublons noir et blanc n'ont pas été publiées (ce qui ne prouve pas non plus qu'elles l'ont été, certes). Cela illustre un certain embarras, pour le moins! Mais est-ce vraiment important?

Est-il indécent de montrer ce Paris paisible qui somme toute semble continuer à se divertir au moment où, on le sait bien aujourd'hui, on le soupçonnait déjà à l'époque, d'autres étaient exterminés vers les camps, fusillés ou torturés dans des prisons? L'indécence n'est pas seulement du côté du photographe.

Au final, indépendamment de tout cela, je trouve qu'il n'est pas mauvais de montrer qu'on peut vivre normalement, presque comme si de rien n'était, sous l'occupation d'un des pires régimes de l'histoire. Que l'apparente tranquillité capturée par le photographe peut être trompeuse. Que les images sont celles que le photographe choisit de montrer, et ne représentent qu'une réalité tronquée. C'est valable pour les images de tous les pays du monde.

Cette exposition a une raison d'être. Avec l'encadrement approprié et un espace de débat sur l'utilisation des images (à force de polémique, on y est arrivé), quitte à déranger ceux qui ont vécu ces temps noirs, pour faire réfléchir ceux qui n'en ont pas le souvenir. Le plus dérangeant serait quand même de présenter ces photos comme les premiers clichés de Paris sur pellicule couleur...

mercredi 9 avril 2008

Saul Leiter à la fondation HCB



J'ai bien cru que je n'y arriverais jamais, à cette exposition photo: elle finit le 13 avril (dépêchez-vous!), j'ai pédalé dans le froid pour y aller à vélo depuis Nation sur des grands boulevards où les voies bus, vélo et voitures s'emmêlent sans cesse, et quand je suis enfin arrivée (après avoir bêtement suivi un panneau pour la fondation Cartier, l'autre...) il y avait une jolie file devant l'entrée! Le mercredi, la fondation Cartier-Bresson ouvre jusqu'à 20h30 et c'est gratuit après 18h30, ceci explique cela...

Pas de chance, on nous annonce qu'il y a une conférence dans l'une des deux salles donc on ne peut pas voir les photos noir et blanc. Dommage. Pourquoi ne pas programmer les conférences pendant les jours de la semaine où ils ferment les portes à 18h30? Enfin, comme c'était gratuit, peu importe, rien que pour une salle ça valait le coup.

Et c'est peu dire que je ne regrette ni d'avoir traversé Paris en vélo, aller-retour et les pieds gelés, ni d'avoir patienté quelque peu. C'est la première rétrospective de Saul Leiter en France. Un photographe américain né entre les deux guerres dont je connaissais le nom mais pas les photos. Il a fait beaucoup de photos de mode (pour vivre), mais cette exposition est bien sûr consacrée à son travail artistique: des photos de New York des années 50 et 60 pour la série en couleur, principalement des scènes de rue. Je ne peux rien dire sur les tirages noir et blanc puisque je ne les ai pas vus.

Des photos à l'esthétique incomparable, composées minutieusement, étudiées, réfléchies. Des personnages voilés, des scènes partiellement masquées par un pan de mur monochrome, des surface translucides, des textures palpables, des gouttes de pluie sur le verre qu'on aurait envie de toucher du doigt... Il joue très adroitement sur les reflets, dont il fait une utilisation très calculée, juste assez de flou pour donner un petit côté énigmatique à l'image, juste assez de contours pour qu'on comprenne rapidement de quoi il s'agit.

C'est pur, c'est beau, poétique, évocateur. On comprend que l'objectif est souvent masqué, par une vitre, un reflet, un pan de tissu. Quand il ne l'est pas, ce sont les personnages qui sont de dos ou le premier plan décentré. La personnalité du photographe qui ressort, peut-être.


Enhardie par la gratuité à l'entrée et sous le charme j'étais prête à acheter le catalogue (bilan de l'opération: -24 euros...), mais malheureusement, il n'en restait plus: il va falloir patienter jusqu'à la réimpression.

Si vous voulez en savoir plus, il y a un bel article ici et un autre là.

Photos © Saul Leiter

> Saul Leiter à la Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 (métro Gaîté). Jusqu'au 13 avril 2008.

jeudi 6 mars 2008

Nostalgie des salles obscures

En allant au cinéma à la Bastille je suis tombée sur une petite expo photo intéressante mais qui m'a rendue toute nostalgique.

"Movie Theaters" - Deux photographes français, Yves Marchand et Romain Meffre sont allés aux Etats-Unis, dans différentes villes, faire le portrait des movie palaces, vestiges de la grande époque des productions hollywoodiennes. Rien à voir avec les multiplexes actuels, ce sont des salles immenses et somptueuses, de véritables théâtres aujourd'hui laissés à l'abandon. Des décors hauts en couleur sur des thèmes variés, des salles à balcons, bref des lieux qui ont une âme, que les photographes ont bien rendue. Ils ont très bien réussi à capturer la mélancolie ambiante: on voit la splendeur passée des décors côtoyer des activités de reconversion pas très attrayantes (marché aux puces, frippes, bric à bric entassé, salle à bingo...). Emouvant, quelque part.

Voir les photos et la description ici et là. Une douzaine de clichés grand format.
> Galerie Cédille, 38 rue de Citeaux, 75012 (juste en face de l'Ebauchoir).

Cela m'a rappelé le jour où j'avais pleuré, enfant, quand j'avais appris qu'une magnifique salle de cinéma à deux balcons, celle où j'avais dû voir quelques Walt Disney, allait fermer pour être remplacée par un fast-food du clown Ronald.

(et là vous vous dites: si jeune et déjà militante! mais non, j'avais surtout peur de ne jamais revoir Bambi ;-)


En repassant dans mon ancien quartier j'ai aussi pu voir que Jean-Marie Cavada, le vrai-faux candidat UMP dans le 12ème a établi son QG de campagne juste à coté de mon ancien immeuble... en déménageant j'ai gagné le droit de ne pas le croiser dans la rue.

dimanche 18 novembre 2007

Paris Photo: le bazar de la photo d'art?

Je suis allée voir Paris Photo au Carroussel du Louvre, que l'on disait un rendez-vous incontournable de la photographie contemporaine, et qui est en fait une foire où sont représentées principalement des galeries. Qui présentent les oeuvres-phares de leurs artistes-phares, certes. Plus un endroit pour voir les grandes tendances du marché de la photo d'art et de l'édition qu'une véritable exposition où admirer dans son ensemble le travail d'un artiste. De belles pièces, mais le tout m'a laissé une impression mitigée: pas vraiment moyen d'avoir un peu de perspective sur les oeuvres, on se retrouve souvent collé aux cadres, rarement l'occasion voir plus de 3 oeuvres d'un même artiste, parfois dans trois séries différentes. La tête qui tourne à force de se battre pour entrer dans les petits espaces-galerie. Comme si on ne manquait pas déjà d'espace pour respirer, il fallait contourner une grosse BMW au milieu du hall (l'art ne vit pas sans les sponsors, mais on aurait quand même pu donner plus de place aux photographes italiens invités qu'à la grosse cylindrée!)

Bref je suis sortie en me disant que c'était plus pensé comme un marché que comme une exposition mettant en valeur le travail photographique. Ce à quoi j'aurais dû m'attendre, peut-être. Trop dense. Trop de foule. En arrivant à 16h un dimanche, forcément. Trop chers, le ticket d'entrée et le catalogue. Trop tutti frutti. Trop peu de légendes affichées, de mise en valeur de la démarche des photographes. D'un autre côté c'est rassurant pour les photographes de voir que les grands tirages de belles photos ont définitivement acquis leur statut d'oeuvres d'art à part entière, et commencent à se vendre à un bon prix.

Il y avait véritablement de tout: des tirages inédits et des anciens, voire antiques (vieilles gélatines...), des portraits, de l' environnement urbain, couleur, noir et blanc, des images retravaillées en tout genre. Une série paysage italiens (l'Italie étant pays invité) mais là encore trop peu d'espace entre les photos. Un peu comme ces conférences à l'autre bout du monde où vont les chercheurs pour présenter un papier en 5 minutes chrono, sans avoir le temps de le discuter: une expo-carte de visite? Toutes les grandes galeries européennes et américaines étaient là, d'une certaine manière mieux visibles que les artistes eux-mêmes. Mais les photos étaient littéralement les unes sur les autres.

J'aurais dû y aller plus tôt dans la journée, je le savais... J'aurais mieux apprécié les images en d'autres circonstances. En complément, ici une critique plus initiée (et moins bougonne!)

On m'a parlé l'autre jour de la MAC, manifestation d'art contemporain qui se tient le week-end prochain à la porte de Champerret, organisée sur le principe opposé: ce sont les artistes qui exposent en leur nom, pas de galeries. Rien que pour cela, j'ai envie d'aller voir.