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mercredi 23 janvier 2008

Invitation pour qui?

Y'a des trucs que j'adore recevoir...

L'objet du message précisait INVITATION en majuscule et tout. Je me dis chic, un cadeau, rien entendu sur ce spectacle de danse, mais si c'est gratuit allons peut-être faire un tour!

J'ouvre le message et là patatra...

Déjà, c'est le second jour du spectacle et ça ressemble fort à du remplissage. Bon, il faut ce qu'il faut pour démarrer, soyons indulgents.

Je veux bien que 2 soit la norme, que la société soit souvent organisée autour du couple.

Mais là non!

Me promettre un cadeau à moi, et me dire que pour en bénéficier il faut que j'aille recruter dans la file de la caisse, ou que je passe 5 coups de fil pour trouver l'ami(e) libre ce soir-là, c'est à dire demain, et qui voudra payer son billet pour un spectacle dont pas grand-monde n'a encore parlé?! Et l'ami(e) qui va m'en vouloir ensuite si le spectacle est pas top. Franchement, non non non.

Carrément nulle la communication du Centre Pompidou. Du racolage de première, oui. Le tarif réduit j'y ai droit de toute façon avec mon pass, en plus.


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INVITATION

Pour vous remercier d'être un nouvel adhérent du Centre Pompidou, nous avons le plaisir de vous convier au spectacle :

ABOUT YOU
SYLVAIN PRUNENEC


Le jeudi 24 janvier 2008, 20h30, Grande salle, Niveau -1

A titre de bienvenue, vous bénéficiez d'une place gratuite pour une place achetée (au tarif réduit de 10 euros au lieu de 14 euros)

Pour plus d'informations sur le spectacle, consultez notre site Internet www.centrepompidou.fr/spectacles

Le nombre de places est limité. Aussi, confirmez votre venue, seulement si vous êtes sûr(e) de venir, en cliquant....

dimanche 18 novembre 2007

Paris Photo: le bazar de la photo d'art?

Je suis allée voir Paris Photo au Carroussel du Louvre, que l'on disait un rendez-vous incontournable de la photographie contemporaine, et qui est en fait une foire où sont représentées principalement des galeries. Qui présentent les oeuvres-phares de leurs artistes-phares, certes. Plus un endroit pour voir les grandes tendances du marché de la photo d'art et de l'édition qu'une véritable exposition où admirer dans son ensemble le travail d'un artiste. De belles pièces, mais le tout m'a laissé une impression mitigée: pas vraiment moyen d'avoir un peu de perspective sur les oeuvres, on se retrouve souvent collé aux cadres, rarement l'occasion voir plus de 3 oeuvres d'un même artiste, parfois dans trois séries différentes. La tête qui tourne à force de se battre pour entrer dans les petits espaces-galerie. Comme si on ne manquait pas déjà d'espace pour respirer, il fallait contourner une grosse BMW au milieu du hall (l'art ne vit pas sans les sponsors, mais on aurait quand même pu donner plus de place aux photographes italiens invités qu'à la grosse cylindrée!)

Bref je suis sortie en me disant que c'était plus pensé comme un marché que comme une exposition mettant en valeur le travail photographique. Ce à quoi j'aurais dû m'attendre, peut-être. Trop dense. Trop de foule. En arrivant à 16h un dimanche, forcément. Trop chers, le ticket d'entrée et le catalogue. Trop tutti frutti. Trop peu de légendes affichées, de mise en valeur de la démarche des photographes. D'un autre côté c'est rassurant pour les photographes de voir que les grands tirages de belles photos ont définitivement acquis leur statut d'oeuvres d'art à part entière, et commencent à se vendre à un bon prix.

Il y avait véritablement de tout: des tirages inédits et des anciens, voire antiques (vieilles gélatines...), des portraits, de l' environnement urbain, couleur, noir et blanc, des images retravaillées en tout genre. Une série paysage italiens (l'Italie étant pays invité) mais là encore trop peu d'espace entre les photos. Un peu comme ces conférences à l'autre bout du monde où vont les chercheurs pour présenter un papier en 5 minutes chrono, sans avoir le temps de le discuter: une expo-carte de visite? Toutes les grandes galeries européennes et américaines étaient là, d'une certaine manière mieux visibles que les artistes eux-mêmes. Mais les photos étaient littéralement les unes sur les autres.

J'aurais dû y aller plus tôt dans la journée, je le savais... J'aurais mieux apprécié les images en d'autres circonstances. En complément, ici une critique plus initiée (et moins bougonne!)

On m'a parlé l'autre jour de la MAC, manifestation d'art contemporain qui se tient le week-end prochain à la porte de Champerret, organisée sur le principe opposé: ce sont les artistes qui exposent en leur nom, pas de galeries. Rien que pour cela, j'ai envie d'aller voir.

vendredi 16 novembre 2007

La Banquet des Cendres

Enthousiasmée par le premier spectacle d'Antonio Latella, je suis allée voir sa deuxième pièce présentée à l'Odéon - Théatre de l'Europe. La cena de le ceneri, en français le banquet des cendres, est l'adaptation d'un texte d'un certain Bruno, inconnu au bataillon pour ma part, qui y élabore une vision du monde et du cosmos à partir des thèses de Copernic (la Terre qui tourne autour du Soleil et sur elle-même, et pas l'inverse, à l'encontre des convictions de ce temps-là).

La pièce commence devant le rideau par un dialogue à quatre voix autour de conversations savantes et progressivement en vient, dans les tableaux suivants, à faire vivre les savants dont il est question. Les quatre comédiens excellent. Dans le rôle de l'intellectuel austère aux prises avec ses compères dans une joute oratoire, qui vire par moment à l'exercice de diction. Dans une première esquisse pour donner vie aux savants évoqués, où ils font se mouvoir des poupées, marionnettes grandeur nature qu'ils tiennent à bras le corps. Un joli travail sur le corps et sa représentation, qui aboutit à une scène véritablement mémorable (imaginez l'italien bavard qui parle avec ses mains de manière chronique, animant de ces mêmes mouvements les bras et les mains de la poupée de chiffon-marionnette qui lui colle au corps). Voir les photos en bas de page ici. Une belle idée de mise en scène, magnifiquement exécutée.

J'ai eu plus de mal avec la seconde moitié de la pièce. On passe à une scène où on trouve des personnages déguisés en savants et aristocrates du temps de Copernic (j'imagine), avec tout un attirail et des attributs qu'on a parfois du mal à comprendre (l'un porte une chaise sur son dos?!). Ils évoluent en douceur dans bassin d'eau, bruissements de l'eau qui coule en fond sonore. Se mettent à parler en anglais, qui avec un accent italien, qui avec un accent d'Oxbridge. Il devient plus difficile de suivre le dialogue, les comédiens sont à l'arrière de la scène, on les entend moins bien. Un personnage central austère, qui essaie de convaincre les autres, savants officiels ou pseudo-savants aristocrates de sa vision du monde, à contre-courant de l'esprit du temps.

Les choses se gâtent ensuite: cela finit par une condamnation en grande pompe de l'hérétique, dont on représente le procès et la sentence, puis l'éxécution (à mi-chemin entre l'évocation d'un bûcher et d'une crucifixion). Tout cela est très visuel et très sonore et on s'y perd un peu à en chercher le sens derrière les effets spéciaux. La fin surtout, plus que surprenante, trop décalée: projection sur grand écran des images d'une naissance en directe, gros plan sur la tête du nouveau-né qui émerge des entrailles de sa mère. Une telle utilisation de ces images brutes pour figurer l'idée d'une renaissance (intellectuelle, malgré l'élimination des hérétiques?), personnellement, ça ne m'emballe pas du tout. Cela me fait mal dans le bas-ventre, bien plus qu'autre chose... Sarà che sono una donna!

Sans conteste, le choix de ce type de texte pour une adaptation théatrale - un banquet philosophique - relève du défi. Il en sort de très bonnes choses et d'autres plus discutables. Mais au total un ensemble un peu décousu, inégal, avec quelques longueurs dans la seconde partie notamment.

Mon verdict: à voir pour l'excellence du jeu des acteurs, performance exceptionnelle à plus d'un titre. Jusqu'au 18 novembre, informations ici.

samedi 10 novembre 2007

Moby Dick à l'Odéon

Y aller ou ne pas y aller, compte tenu du boulot qu'il me reste à faire, j'ai tergiversé quelques jours. Puis, autant par goût du jeu que par envie de voir le spectacle, j'ai tenté ma chance au téléphone du Monde, et gagné 2 places. Voilà qui résoud le dilemme : -)

Moby Dick, d'après le roman du même nom. Comme prévu je suis donc allée jeudi au théâtre de l'Odéon voir ce spectacle d'Antonio Latella, remarqué à Avignon, pour lequel j'avais une invitation.

C'est à la fois une invitation au voyage et une réflexion sur le thème "Partir... à la recherche de quoi?", qui me parle personnellement, certes. On suit le personnage principal, un homme de terre, instruit, attiré de manière irrationnelle par l'épopée de la chasse à la baleine, en dépit du danger et des mises en garde. Il parvient à se faire accepter comme membre d'équipage sur un bateau et s'engage pour des mois, voire des années dans les mers déchaînées. Voyage terrible dans lequel les hommes des baleiniers affrontent à la fois les mers hostiles, les cétacés géants qui les peuplent, qu'il chassent au harpon dans un corps à corps entre le bateau et la bête, et enfin, inévitablement, eux-mêmes. La majeure partie de la pièce se déroule dans le huis clos du bateau en pleine mer. On y suit les espoirs et les déceptions des baleiniers, les doutes et leurs interrogations, les rixes, la rage et les réconciliations. La chasse à l'animal n'est pas une pêche ordinaire: le redouté, mais finalement si humain capitaine Achab (interprété par un des plus grands acteur italiens, Giorgio Albertazzi, octogénaire en grande forme!) cherche en fait à assouvir sa vengeance sur cette baleine mystérieuse, la plus grosse jamais vue, qui lui a fauché une jambe lors d'une campagne précédente. Existe-t-elle véritablement? Lui seul l'a déjà vue de ses yeux.

La mise en scène et l'adaptation du texte rendent très bien le côté mystérieux, voire mystique de l'épopée, où l'on perd parfois le sens de ce que l'on cherche, voire ses sens tout court. Le bateau se confond un temps avec un autel, avec l'irruption d'un prêtre et ses injonctions aux pêcheurs juste avant le départ. Au delà de la chasse à la baleine, les hommes sont en quête d'eux mêmes... La variation des langages constitue une trouvaille géniale: les marins s'expriment par moment en langue des signes, dont l'effet visuel est pleinement utilisé.

En résumé, une pièce qui nous transporte véritablement dans un autre monde, qui embarque le spectateur dans le voyage. J'y ai passé un très bon moment. L'Odéon est en outre un très beau théatre, avec ses balcons, ses dorures et son velours rouge. La particularité de sa programmation est d'accueuillir de nombreuses troupes étrangères, qui jouent leurs créations en langue originale surtitrée.

dimanche 4 novembre 2007

Paris à travers ses personnages peu illustres

Deux mots d'un one-woman show détonnant, vu l'autre jour et bien apprécié: Dixlesic de Lauréline Kuntz.

Un monologue dynamique et coloré, des textes écrits par elle-même où chaque mot est choisi minutieusement, des personnages animés par une belle présence scénique, et une comédienne au débit impressionnant. Un spectacle difficile à décrire tant il brouille les genres (Lauréline est venue du slam), à la fois décapant et poétique, parfois salace sans être vulgaire, mélangeant bribes de vécu et création littéraire. Où l'on croise pêle-mêle les touristes de la Tour Eiffel, caïds et loubards, un tueur en série, les filles des beaux quartiers, une immigrée chinoise en mal de papiers, et le pauvre Gégé qui encombre le trottoir de ses odeurs. Des histoires en apparence bien de chez nous comme dirait l'autre, mais racontées de manière peu commune.

C'est Lauréline Kuntz au Point-Virgule, petit salle du Marais qui a fait des grands noms. Tous les mercredis, jeudis, vendredis et samedis jusqu'à fin décembre. Toute l'info ici.

On lui souhaite tout le succès qu'elle mérite!

Où dînez-vous avec vos parents?

Les parents en visite dans une ville où l'on vient à peine de débarquer, c'est pas toujours évident à gérer. Problème courant: je connais bien quelques restos sympas mais je ne vais pas pouvoir emmener mes parents là où je vais avec mes amis, quand même. C'est pas tout à fait le même style, disons!

Un ami m'avait donné une suggestion de choix: le Train Bleu, jolie brasserie belle époque au dessus de la Gare de Lyon. Je suis allée voir la carte sur leur site et je me suis dit que c'était plutôt à garder pour les grandes occasions! De toute façon, on s'y est pris trop tard pour réserver, déjà plein (le week-end de la Toussaint...)

Au final on a opté pour la facilité: Comme Cochons, juste en bas de chez moi. Bien mangé, prix corrects pour Paris (je commence à peine à m'y habituer), à noter que les accompagnements de viandes sont riches en bons légumes - et je ne veux pas dire pommes de terre.

Dans le même trip redécouverte de la cuisine française, un peu mon dada du moment, le lendemain nous sommes partis à la recherche d'une autre belle brasserie traditionnelle, pour finir à la brasserie 1900 à Montparnasse. Jolie salle en carrelage peint à l'avant, dommage qu'elle soit bruyante quand elle est pleine. Malheureusement plus de place à l'avant donc nous avons dîné dans un salon à l'arrière, beaucoup moins de charme. Service attentif et plats corrects, fruits de mer et poissons bien représentés sur une carte sans originalité. Un alsacien outré de se voir proposer une choucroute avec des saucisses de partout sauf de Strasbourg. Pour manger la choucroute (nullement l'intention), pour commencer nous étions à côté de la mauvaise gare...