J'ai bien cru que je n'y arriverais jamais, à cette exposition photo: elle finit le 13 avril (dépêchez-vous!), j'ai pédalé dans le froid pour y aller à vélo depuis Nation sur des grands boulevards où les voies bus, vélo et voitures s'emmêlent sans cesse, et quand je suis enfin arrivée (après avoir bêtement suivi un panneau pour la fondation Cartier, l'autre...) il y avait une jolie file devant l'entrée! Le mercredi, la fondation Cartier-Bresson ouvre jusqu'à 20h30 et c'est gratuit après 18h30, ceci explique cela...
Pas de chance, on nous annonce qu'il y a une conférence dans l'une des deux salles donc on ne peut pas voir les photos noir et blanc. Dommage. Pourquoi ne pas programmer les conférences pendant les jours de la semaine où ils ferment les portes à 18h30? Enfin, comme c'était gratuit, peu importe, rien que pour une salle ça valait le coup.
Des photos à l'esthétique incomparable, composées minutieusement, étudiées, réfléchies. Des personnages voilés, des scènes partiellement masquées par un pan de mur monochrome, des surface translucides, des textures palpables, des gouttes de pluie sur le verre qu'on aurait envie de toucher du doigt... Il joue très adroitement sur les reflets, dont il fait une utilisation très calculée, juste assez de flou pour donner un petit côté énigmatique à l'image, juste assez de contours pour qu'on comprenne rapidement de quoi il s'agit.
C'est pur, c'est beau, poétique, évocateur. On comprend que l'objectif est souvent masqué, par une vitre, un reflet, un pan de tissu. Quand il ne l'est pas, ce sont les personnages qui sont de dos ou le premier plan décentré. La personnalité du photographe qui ressort, peut-être.
Enhardie par la gratuité à l'entrée et sous le charme j'étais prête à acheter le catalogue (bilan de l'opération: -24 euros...), mais malheureusement, il n'en restait plus: il va falloir patienter jusqu'à la réimpression.
Si vous voulez en savoir plus, il y a un bel article ici et un autre là.
Photos © Saul Leiter
> Saul Leiter à la Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 (métro Gaîté). Jusqu'au 13 avril 2008.

