jeudi 3 janvier 2008

Lendemain de fêtes

Hier j'ai tenté de renouer avec les bonnes habitudes après les excès des fêtes: le footing au bois de Vincennes.

Enfin, quand je dis au bois, c'est pas que je vais me perdre dans la forêt, comprenons nous bien, hein! En fait ça fait à peine trois mois que j'essaie de courir un peu régulièrement, c'est pas mal pour déstresser, bouger et se vider la tête de temps en temps. Et pis ça donne la pêche, une fois qu'on s'y est mis. Cela dit, deux petits tours du lac, et puis s'en va, en général ça me suffit pour quelques jours... Le parcours est sympa, pas de goudron, presque du bon air, et ça permet de voir de la verdure plutôt que des voitures.

Ambiance assez rigolote ce 2 janvier, pour Paris: on aurait dit la promenade dominicale au village. Des promeneurs partout, beaucoup plus que d'habitude, à croire que "faire de l'exercice" était inscrit au tableau des bonnes résolutions de tous! Le soleil devait y être pour quelque chose. Promeneurs de chiens, promeneurs d'enfants et de bébés ("allez viens on va voir les canards!"), promeneurs de personnes âgées...

Et tout ce beau monde de bonne humeur, sourire aux lèvres! Le soleil, je vous dit... Les gens se saluaient les uns les autres, se présentaient leurs voeux, qui s'adonnait à l'exercice du bilan de l'année 2007, curieusement souvent coloré politique (maintenant je peux vous dire quels sont les promeneurs de chien qui votent à droite ou à gauche, attention...). J'avais jamais eu l'impression qu'il y avait tellement d'habitués à part les joggers. Question d'horaires, peut-être.

mercredi 2 janvier 2008

XXY

Encore vu et apprécié un très bon film. Un film argentin de Lucia Puenzo, à peine sorti.

Sujet délicatissime, l'adolescence difficile, la puberté, la découverte de la sexualité d'une jeune hermaphrodite. Excellemment traité et interprété. Belle photo centrée sur les visages et l'intensité des expressions.

C'est l'histoire d'Alex, 15 ans, qui se cherche une identité et un rôle de femme et/ou d'homme dans un corps ambivalent. Ses parents ont choisi l'exil en Uruguay pour fuir une médicalisation excessive de leur enfant, et l'ont élevée comme une fille. Mais l'adolescence amène son lot de problèmes et les regards auxquels il faut faire face se font plus insistants. Encore plus au contact des garçons de son âge et d'un couple de visiteurs. Les parents désemparés sont émouvants d'amour et de compréhension. Le père en particulier, qui réagit en scientifique rationnel jusqu'à ce qu'il se prenne l'évidence en pleine face. Le tout sur fond de grandes plages sauvages, de paysages vert, sable et bleu et de suivi des tortues marines.

C'est subtil, pensé avec intelligence et d'une grande finesse. Jamais voyeur ni brutal, au contraire, centré sur les sentiments, l'identité trouble, et le vécu de la protagoniste. Inès Efron, l'actrice du rôle titre excelle dans son interprétation de la masculinité / féminité ambivalente. Elle est tantôt un garçon dans un corps de fille, tantôt une fille dans un corps de garçon. Incontestablement un gros travail sur le corps et l'expression derrière.

mardi 1 janvier 2008

Ah les bonnes résolutions

Vous ne savez pas où donner de la tête en ce début d’année?


Le générateur interactif de bonnes résolutions vous fixe les priorités… (merci MC pour le lien)

J’vous livre les miennes brutes, sans sélection ni édulcoration:

1. Lui indiquer instantanément comment manger dans l’espace
2. S’entraîner malicieusement pour jongler sur une chaise
3. Continuer naïvement à jouer au restaurant
4. Lui proposer symboliquement de jouer pendant des heures
5. Lui souffler instantanément de le lui faire au nouvel an
6. Parvenir inespérément à me donner en avion
7. Essayer absolument de partager faute de mieux
8. Tâcher passionément de s’aimer pendant des heures

Pff... Tout un programme!
Un peu tendancieux ce générateur, quand même… ou plein de messages codés?
En tout cas, pour l'énigmatique n°5, je peux déjà avouer que j’ai dû renoncer pour le nouvel an 2008. Et pour la 6, faudra pas compter sur moi non plus!

Maintenant je demande le générateur d’horoscope : ))

C'est que je ne voudrais pas rater le Lui avec qui j’irais manger dans l’espace et jouer pendant des heures!

Meilleurs voeux pour 2008!


lundi 31 décembre 2007

Millésime 2007

Pour diverses raisons, j’ai l’habitude d’associer le moment du bilan de l’année écoulée à la période estivale, et de voir défiler l’année d’octobre à septembre, plutôt que de janvier à décembre. Mais puisque c’est dans l’air du temps…

Comment je me rappellerai 2007?

Pour le coup, elle avait plutôt mal commencé puisque j’étais malade pour le réveillon après m’être enfermée en dehors de chez moi par mégarde l’un des derniers jours de décembre 2006 (le classique de la porte claquée avec les clés à l’intérieur, je vous déconseille fortement les jours où tout le monde est en vadrouille!). Mais je m’étais rattrapée très vite par un grand bol d’air à la montagne à dévaler les pentes grisée par la vitesse, séjour somme toute assez exotique, tant pour l’endroit que pour la compagnie.

Il y a eu deux années 2007 en fait, puisqu'à l’automne j’ai changé de pays, de ville, d’appartement, en partie d'activité, d’employeur, d’entourage, d’environnement linguistique et culturel au quotidien, bref de vie, dans une large mesure.

Donc 2007 aura été l’année du changement, à la fois celle des derniers mois à l’étranger, ensoleillés pour la plupart, et des premiers mois et à Paris, avec toute la série de chamboulements heureux et moins heureux que cela comporte. Nous sommes des monstres d’habitude et rompre avec celles-ci a toujours un petit goût d’insécurité. A la fois grisant et un tantinet angoissant, mais ouvrant pas mal d'opportunités.

Une année intense en travail, trop par certains côtés, pas assez par d’autres, avec quelques résultats.
Une année assez pantouflarde en un sens, où je me suis appliquée à rester en place autant que possible, plus qu’à voyager (tout le contraire de mes habitudes... en tout cas jusqu’au déménagement)
Une aventure théâtrale et une autre photographique qui m'ont fait faire des choses dont je ne me soupçonnais pas capable.
De belles histoires d’amitié nouvelles, retrouvées, creusées.
Une vie personnelle un peu en sommeil qui se réveille et commence à me titiller.

Pour 2008 pas de grande résolution publique, si ce n’est achever ce que j’espérais un temps parvenir à boucler en 2007, mais que je traînerais encore pour quelques mois en 2008… un projet sur lequel je travaille depuis un peu plus de 4 ans.

Et puis, trouver les lieux et les personnes pour continuer les choses que je prends plaisir à faire en dépit du changement de cadre, garder et revoir les amis qui habitent ailleurs, peupler ma vie parisienne de nouvelles têtes autant que possible.

dimanche 30 décembre 2007

Soit dit en passant...

Contente d'être de retour à Paris (bientôt j'arriverai peut-être à dire chez moi?) et d'avoir un peu de temps pour moi!

Noël et les grand-messes de retrouvailles familiales et gastronomiques associées c'est bien sympa, mais au fil des repas, des jours et des années ça pèse pas mal sur l'estomac et un peu sur les nerfs (festival de justifications en tout genre et de conversations un peu vides pour ne froisser personne...). Que les miens et ceux qui n'ont pas forcément la chance d'être bien entourés pour les fêtes me pardonnent ces mots...

La graine et le mulet (A. Kechiche)

Une saga familiale originale, colorée et dynamique, un peu longue (2h30) mais très plaisante! Des personnages attachants, des regards qui pétillent, bref un film sincère et vrai qui nous immerge dans le quotidien d'une tribu comme on en voit peu à l'écran.

Gros plan sur une grande famille recomposée. Le film se passe à Sète, ville portuaire et multiculturelle ouverte sur l'Afrique du nord par les routes maritimes qui l'y relie, sur fond de déclin de la pêche au thon et des chantiers navaux. C'est une fiction qui prend des allures de reportage tant elle est filmée de manière réaliste, caméra à l'épaule.

Slimane, père sexagénaire de douze grands enfants, employé des chantiers, se retrouve au chômage et décide de faire un pied de nez au destin en se lançant dans un projet un peu fou: restaurer une épave et y monter sa boutique. Un restaurant dont la spécialité serait le couscous au poisson (la graine et le mulet), ce qui tranche franchement avec les traditions culinaires sétoises et que tout le monde ne voit pas d'un bon oeil trôner au milieu du quai, évidemment. Une entreprise familiale qui repose sur les talents culinaires de son ex-femme et l'aide des enfants. Scènes de rire et de pleurs de la vie familiale dans les maisons des uns et des autres, entrecoupées du parcours semé d'embûches du porteur de projet. Une jolie manière d'explorer la dialectique immigration-intégration et l'acceptation des communautés maghrébines dans une petite ville du sud, sans en faire pour autant le premier sujet du film. On est si bien plongé dans le film qu'on intègre quasiment le stress de Slimane le jour de la grande ouverture.

Ce que j'ai aimé particulièrement, et c'est un aspect original du film je trouve, c'est la force des personnages féminins. Les filles sont des battantes incroyables et les vrais piliers de la famille, côté original comme côté recomposé. Ce sont les véritables meneuses de l'histoire et des chaumières. Elles sont dures, belles mais solides, elles en imposent. L'une des filles de Slimane raconte comment elle ne s'est pas laissée faire et a organisé la grève des ouvrières à la conserverie le jour où des licenciements étaient annoncés. Elle gère les crises et les écarts de son frère. Rym (actrice-révélation du film), la fille de sa compagne le pousse à aller de l'avant et l'aide dans ses démarches à la banque, à la mairie, sans se démonter devant les réponses négatives ou évasives. Les hommes de la seconde génération à côté, sont des suiveurs: l'un est mauvais père et trompe sa femme éhontément; l'autre est un jeunot timide qui oublie une partie des ingrédients du couscous lors de la soirée d'ouverture. Seul le père se bat en fin de compte, au nom de tous et de la volonté de laisser quelque chose aux enfants. Les deux fils mettent l'entreprise en péril, elle est finalement sauvée par les filles.

J'ai regardé ma montre à deux moments. Deux séquences en particulier méritaient peut-être d'être abrégées, même si probablement on y perdrait en intensité des émotions qu'elles suscitent: celle de l'épouse trahie qui crie sa colère et la grande scène finale (où on attend le couscous aussi impatiemment que les invités, faim ou pas!). Raccourci d'un quart d'heure en coupant aux bons endroits le film serait parfait.

On pourra objecter que les visages pâles de l'élite locale sont un peu caricaturés (ou pas tant que cela?), mais pour une fois que ce ne sont pas les personnages beurs ou métis qui le sont, la manoeuvre est parfaitement acceptable...

A voir!