vendredi 29 avril 2011

Mes terrasses préférées... ensoleillées, si possible...

L'Arrosoir http://www.restaurant-larrosoir.com/
Brunch à 21€, il avait l'air très appétissant sur la table d'à côté.
Pas trop de circulation, ensoleillée, et la Coulée Verte au-dessus.
75 Avenue Daumesnil, 75012

Café de l'Odéon
Il s'étend sur la place devant le théâtre dès la belle saison.
Un air d'Italie avec les scooters parqués autour, et l'avantage du calme des petites rues. Carte pas gigantesque mais sympa pour boire un verre.
Place de l'Odéon, 75006

Bassin de l'Arsenal - à tester....

D'autres suggestions?

mardi 26 avril 2011

What are you thinking?

« Il pensa : si elle commande un déca, je me lève, et je m'en vais. On n'avait pas le droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. A peine rencontrés et déjà s'installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le thé est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi? De l'alcool? Non, ce n'est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir peur d'une femme qui se met à boire comme ça, d'un coup. Même un verre de vin rouge ne passerait pas. François continuait d'attendre qu'elle choisisse ce qu'elle allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première impression féminine. Que restait-il maintenant? Le Coca-cola, ou tout autre type de soda...non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant demander une paille aussi, tant qu'elle y était. Finalement, il se dit qu'un jus, ça serait bien. Oui un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c'est de choisir un entre-deux, comme l'abricot. Voilà, c'est ça. »

D. Foenkinos, La délicatesse. Gallimard, folio.

vendredi 22 avril 2011

White Feeling

Paulo Ribeiro, ballet de Lorraine au Théâtre de la Ville, 16 avril 2011. Moment de grâce. Une belle harmonie d'ensemble, limpidité, superbe. La vidéo ne rend pas tout mais ça donne une idée.


jeudi 21 avril 2011

Triste souvenir


21 avril 2002 - 20 heures par locapass


à méditer.

samedi 9 avril 2011

L'homme d'Etat, le secret et la mort

Deuxième soirée au théâtre cette semaine, et la deuxième fut la bonne.

Après un traumatisme teinté d'ennui ce mercredi avec le Prométhéus de Jan Fabre au Théâtre de la Ville, que j'ai trouvé sans queue ni tête ni intérêt aucun - enfin, surtout sans tête...

Adagio
à l'Odéon ce soir, donc, au pied levé, pour tenter de se rattraper.

Une belle réussite d'Olivier Py. Il fallait oser: un spectacle sur François Mitterrand, président de la République fraîchement, à qui l'on annonce qu'il a un cancer avancé. Beaucoup d'encre a déjà coulé pour raconter cette histoire depuis la mort de l'homme et la fin des secrets, mais l'incarnation théâtrale lui donne une toute autre dimension.

Le rôle titre mais aussi les personnages secondaires sont bien travaillés dans le registre de l'imitation: les intonations y sont, la démarche, les traits de caractère les plus marquants ressortent bien. On s'y croirait. C'est bien vu. Philippe Girard excelle dans le rôle de Mitterrand.

L'histoire des deux septennats, faite d'une suite d'événement symboliques, internationaux ou anecdotiques sert de fil conducteur au spectacle centré sur le personnage principal, forcément. J'y ai appris quelques éléments que j'ignorais, comme la présence d'Anne Lauvergeon dans l'entourage proche de François Mitterrand. Les interrogations de l'homme face au pouvoir, face à son électorat socialiste, mais surtout face à la maladie et la mort sont au centre du texte. C'est l'homme qui regarde son histoire et la façonne à son image.

Un bel hommage à François Mitterrand, l'homme plus que le politique (et c'est heureux), même si la politique et les intrigues autour du pouvoir sont omniprésentes, évidemment. L'homme érudit, calculateur, l'homme de pouvoir plus que de convictions peut-être, malade et placé face à son destin, qui s'interroge sans cesse sur l'au-delà aussi. Un portrait sans concession qui salue l'homme néanmoins.

Et j'en suis ressortie émue, j'avoue, avec le sentiment de faire vraiment partie de la génération Mitterrand. J'avais 3 ans en 1981, je me souviens de l'annonce de sa mort par ma prof d'histoire comme si c'était hier, j'étais en terminale. Elle avait la larme à l'oeil et le sourire ému, demandant une minute de silence.

On se prend à rêver d'un chef d'Etat qui en ait à nouveau la stature. Même si ce n'est pas du tout le propos de la pièce.

Longs applaudissements. Espoir?

mercredi 26 janvier 2011

Correction

"Vous avez dû pressurer votre cerveau pour en extraire ce jus qui sent l'impasse"

Souvenir des années étudiantes, une phrase intacte restée en mémoire. Passée de l'autre côté, je m'échine à déchiffrer et chiffrer des hiéroglyphes et je me demande encore où il était allé chercher telle remarque. Lue sur la copie d'un ami, non la mienne (mais ç'aurait pu!), quelle créativité dans l'effort tout de même. Je ne lui arriverai sans doute pas à la cheville. Bon, je m'y colle, j'y retourne. S'il n'y avait que cela sur la planche ce serait bien plus simple...

dimanche 2 janvier 2011

De 2010 à 2011



2010 pendant laquelle j'aurais peu fréquenté ces lieux mais beaucoup d'autres, et dont je garde:

- mon meilleur souvenir de théâtre: la trilogie Littoral-Incendies-Forêt de Wadji Mouawad

- un retour à l'opéra avec deux très belles soirées, Orlando puis Alcina de Haendel au Théâtre des Champs Elysées en novembre dernier.

- le meilleur souvenir d'escapade en montagne: l'ascension du dôme des Ecrins (4015m). Il y en eut plein, j'en espère autant en 2011.

- le plus gros achat que j'ai jamais fait...


entre autres choses moins joyeuses au sujet desquelles je ne m'étalerai pas ici

mercredi 22 décembre 2010

Hiver neigeux

Pagaille. Spécialité francilienne adaptée aux tablées nombreuses. Cuisine d'hiver bien nourrissante.


Recette n°1

Garantie sans saumure. A base d'autruche d'origine 100% locale.

Se réveiller tard. Ne pas franchir le périphérique. Mettre des oeillères.

Bien doser l'auto-conviction et le blâme. Une pincée d'ignorance et un soupçon d'ironie (ne pas avoir la main trop lourde, le dosage est plus subtil qu'il n'y paraît)

Ne pas oublier de convoquer la presse et la télé, pour éviter que les journalistes n'aillent traîner leurs guêtres en banlieue où le thermomètre affiche 2 degrés de moins.

Car avec quelques degrés de moins, le mélange ne prend pas. On pourra toujours tenter d'ajouter une dose de blâme pour rattraper le coup. Avec prudence, ça ne marche pas à tous les coups.

Déguster à l'heure du journal télévisé, froid évidemment. Voire dans sa voiture sur le périph'. Dans ce cas, prévoir doudoune, bonnet, mouffles et chaussettes en laine.

L'ambiance nocturne vient rehausser le goût...


Recette n°2

Réquisitionner les cuistots de l'armée. Et les blindés tant qu'à faire. Se mettre à table bien avant l'heure et prévoir large.

La base de la préparation est la ration du combattant. Humidifier la pâte à l'eau de pluie pour obtenir un mélange liquide. Saler abondamment, en préventif (tant pis si demain alors que la pluie sera devenue neige il n'y a plus de sel... les responsables de l'animation n'auront qu'à chercher une autre recette)

Faire évacuer tous les bureaux à 16h pile pour que tout le monde puisse déguster en même temps. Ne convient pas aux camionneurs.

A vos marques, c'est parti! A la bonne heure et à vos cuillères!

Cette recette est plutôt adaptée au goûter, mais en cas d'indisponibilité à l'heure du goûter on pourra également la servir réchauffée au dîner.

Précautions d'usage: l'abus de sel est dangereux pour la santé. Consommez cinq fruits et légumes par jour. Et n'oubliez pas: mangez-bougez!



En guise d'accompagnement on préférera le thé ou café en thermos aux grands rouges qui s'accommoderaient mal de la température ambiante. La tisane de camomille peut aussi être un bon choix.

samedi 2 janvier 2010

Sami Frey et Beckett à l'Atelier

C'est par leur art de rendre vivant un monologue en apparence sans grande prétention que l'on reconnaît les très grands acteurs...

Sami Frey à l'Atelier Montmartre fut éblouissant. Un joli cadeau en cette avant-veille de Noël. Il interprète un texte de Samuel Beckett, Pemier Amour. Un texte somme toute peu connu, écrit comme une brève nouvelle à la première personne et non pour le théâtre, où l'auteur se livre plus directement qu'à l'habitude. Il ne raconte pas, il joue véritablement le texte, son interprétation. La mise en scène est sobre et minimaliste, par Sami Frey lui-même, qui joue avec avec deux bancs placés tout à l'avant de la scène. Une lumière clignotante un peu dérangeante à mon avis.

Cela commence par un retour sur une étrange concommittance entre mariage et mort du père. C'est vif, cru et déroutant parfois, captivant, émouvant, d'une précision et d'une limpidité rare. Comme pour nous rappeler que Sami Frey est un monument du théâtre français contemporain.

Il explique ici la préparation du spectacle

Détails sur le site du Théâtre de l'Atelier.

> Prolongation jusqu'au 16 janvier 2010. Places de 8 à 30 euros. Si vous pouvez, il faut absolument y aller! Merci à Claire pour m'y avoir entraînée.

vendredi 1 janvier 2010

De 2009... à 2010

2009

Année bien remplie, renaissance, année de redécouvertes et retrouvailles aussi.

J’ai vu Venise, Lisbonne, revu Florence Rome, Berlin, et Londres. Pu prendre le temps d’admirer encore un peu les collines de Toscane.

J’ai retrouvé avec joie plein d’ami(e)s un peu perdus de vue pendant mes errements intellectuels…

J’ai retrouvé un membre de ma famille vivant et plein de joie de vivre après une longue maladie

J’ai enfin réussi à trouver un travail dans la ville où je vis, ne plus passer la moitié de son temps dans le train ça change la vie.

J’ai retrouvé la montagne, repris le ski, la randonnée, l’escalade, goûté à l’alpinisme aussi. Frissons, grand air et satisfaction des petits « exploits » qui poussent à aller chercher de l’énergie et de la confiance bien au fond de soi… Au point de tomber amoureuse des Pyrénées (mais chut, ne le répétez pas)

J’ai enfin achevé l’ouvrage qui m’embarrassait la tête et la vie ces dernières années, eu mon moment de gloire et un peu de reconnaissance bienvenue.

Voilà qui libère l'esprit pour d’autres choses !

J'espère que 2010 sera à la hauteur.


Bonne année à vous et à ceux qui vous entourent.

mardi 8 décembre 2009

Da Zavola

Ce fut pour un mini-dîner de célébration en tout petit comité. Une copine italienne (de bon goût et toujours à l'affût) m'a entraînée là-bas. Ce n'est pas un restaurant à proprement parler mais on y peut y manger antipasti, pasta et desserts. Avec le conseil enjoué des tenanciers, au milieu d'une sacrée collection de bouteilles de vins italiens.

Antipastis très bons: burrata (mozzarella crémeuse au coeur, bien assaisonnée, joliment servie) et charcuterie d'ici et là, la finocchiona dont je raffole (salami aux graines de fenouil, une invention toscane), jambon fraîchement et finement tranché fondant sur la langue... Puis quelques recettes de pâtes avec des mélanges de saveurs originaux, mais moins extraordinaires peut-être. Et enfin les fameux cannoli craquants et légers à souhaits. Mmmm. Pas goûté le café, le meilleur de Paris (pas moins!) d'après la même source experte. Pas grave, on y repassera. Intanto, la carte change quotidiennement.

Dommage pour moi c'est un peu loin: 15ème (6 rue Mademoiselle, nouvelle adresse) ou 17ème (rue Brochant, boutique historique, pas visité encore)

Attention c'est petit: dans le 15ème, juste 2 longues tables à partager et c'est tout. Ne pas y aller pour un dîner en tête-à-tête mais ça peut être un bon endroit pour un aperitivo-dîner à une dizaine de personnes, à picorer et goûter un peu de tout, en réservant évidemment...

> Da Zavola, 75015 et 75017

mardi 24 novembre 2009

Brunch aux 3 passages

C'est peu dire que je le cherchais depuis longtemps, l'endroit idéal pour un brunch dominical entre copines.

Idéal, c'est à dire:
- où l'on mange, du sucré et du salé, et de quoi tenir jusqu'au soir
- où l'on puisse accompagner cela d'un bon café (petit, noir et concentré, quoi!).
- dans un endroit convivial, pas vide mais suffisamment tranquille pour papoter, sans avoir les coudes (et la conversation) qui s'emmêlent avec ceux de la table voisine
- pas trop loin de chez moi, parce que 30 min de métro pour commencer son dimanche, c'est pas top (en tout cas quand c'est moi qui me charge de trouver le point de chute et de réserver)
... et le tout pour 20 euros max.

et j'ai trouvé!

Brunch à partir de 11h30, 18 euros pour café, orange pressée, viennoiseries, oeufs brouillés, caviar d'aubergine, sandwiches amélioré, petite salade verte et dessert (salade de fruits et pain perdu). Une petite portion de chaque, mais pas mal de choses au final, tout à fait dans l'esprit brunch. Préparé avec soin et servi sur une ardoise, en plus c'est joliment arrangé.

Ambiance brocante pas encombrée, clair et de l'espace entre les tables. Accueil sympathique, souriant et décontracté. A essayer également comme table du soir.

> Aux 3 passages, 11b rue Saint Maur, 75011

dimanche 22 novembre 2009

Ceci n'est pas un piano

Découverte musicale, au hasard d'une soirée florentine. Hauschka, un pianiste allemand plutôt sympathique qui se dit inspiré par la musique électronique et joue avec les cordes pour en déformer le son. Vous savez, ces pianistes qui mettent des pinces et des objets divers sur les cordes du piano pour en modifier la tonalité. J'avais déjà vu quelqu'un qui utilisait couverts et ustensiles de cuisine en fer-blanc. Suprenant et visuel. Lui, il semble affectionner particulièrement le scotch et l'outil de l'accordeur... Nous, on a beaucoup aimé l'effet des balles de ping-pong qui bondissent au rythme des accords accentués. Il s'amuse et nous aussi. Plaisir partagé.

Mais encore? Extraits en libre écoute: ici, ou encore . Quelques albums produits par des indépendants à son actifs: The prepared piano (piano seul), d'autres avec violoncelle ou quartet à cordes. Tiens, je viens de voir que certains sont même référencés à la F...

> Concerts de jazz à la Salle Vanni, Piazza del Carmine, Florence. Organisés par l'association Musicus Concertus (je donne les détails si jamais quelqu'un passe par ici projette de faire un tour là-bas, sait-on jamais...)

samedi 21 novembre 2009

Ma come si fa...


...a lasciare un posto con una vista cosi?

(mais comment peut-on quitter un endroit avec une vue pareille?)

Douceur de la lumière, chaleur des couleurs de l'automne. A croire qu'avoir eu le privilège d'y vivre quelque temps vous rende nostalgique à jamais.

lundi 9 novembre 2009

Berlin, avant-hier

Ou presque. On fête aujourd'hui le mur abattu, le moment critique, la page d'histoire qui se tourne.

Il est bon de se rappeler de temps en temps combien il est bon de vivre dans une démocratie, fut-elle dirigée par N S (qui d'ailleurs, soit dit en passant, a la mémoire qui flanche un peu, et n'était pas à Berlin le 9 novembre 1989).

Je me rappelle les conversations avec la mère d'une amie, qui avait fuit la RDA dans les années 1970. On croit souvent que ceux qui fuyaient étaient tous anticommunistes. Il y avait aussi pas mal de désillusionnés et de déçus.

Improbable départ dans le secret le plus total, pas un mot à la famille, pas un mot aux amis, les passeports est-allemands laissés dans un appartement vide. Partis avec de faux passeports sans laisser d'adresse. Deux routes différentes par la Hongrie, lui passe, elle est arrêtée pour une agrafe mal placée sur la photo. Arrêtée sans savoir ce qu'il est advenu de son compagnon. Prison, interrogatoires qui s'enfilent, le tout en Hongrie. Beaucoup d'histoires inventées, gagner du temps, une seule question qui importe, est-il passé à l'ouest, lui? La peur de la torture, le doute, l'espoir alimenté par une preuve manquant à l'étalage: ils n'ont pas son passeport. Elle rirait presque de l'amateurisme de la police hongroise, la stasi aurait été une autre paire de manches. Avec la certitude qu'il était tiré d'affaire, sorti de l'enfer, elle a joué la jeune fille effacée qui n'avais fait que suivre son amoureux; c'était lui qui avait tout planifié. De quoi alléger la peine.

Histoire incroyable que celle de ce couple. Deux jeunes de 25 ans qui croyaient à l'utopie communiste mais la voyaient mise à mal par la répression et sans issue en RDA. Séparés pendant plus d'un an sans savoir où était l'autre, s'il vivait ou pas, à l'est, à l'ouest, libre ou en prison. Il y a eu des milliers de fugitifs et des centaines d'histoires semblables.

En ce temps la RFA achetait les prisonniers politiques, en premier lieu les fuyards. Mais la RDA lui refilait aussi parfois des prisonniers de droit commun dans le lot, pour le même prix, histoire de gonfler la note. Un marché bien juteux pour faire entrer des devises dans l'économie est-allemande. Une aubaine pour les prisonniers, mais aussi une sorte d'économie parallèle en somme. Elle nous raconte l'attente, l'angoisse: certaines prisonnières sont emmenées, sans savoir si elles atterriront pour autant à l'ouest. Certaines sont relâchées à l'est, l'échec cuisant, le pire, tout ça pour rien, et retour forcé au plus bas niveau de l'échelle sociale. Beaucoup de fugitifs réintégrés parmi les éboueurs et les gardiens de cimetière. Certaines reviennent à la prison, le drame. Elle est sortie lors d'une de ces opérations d'achat de prisonniers. Vendue par son pays. Et bien contente de l'être.

Ils ont vécu à Berlin depuis. Loin du mur, mais avec la vue sur la Fernsehturm, symbole de l'est, au début. Destins poignants.


En passant, je trouve l'idée des dominos très réussie: belle manière de symboliser un mur perméable, sans entraver le regard ni le passage, et la chute progressive mais inéluctable...

J'y étais il y a une semaine; j'aurais voulu y être aujourd'hui aussi.

samedi 7 novembre 2009

Westminster, Remembrance Day


UK - London - Westminster: Westminster Abbey - Remembrance Day
Originally uploaded by wallyg

Devant Westminster Abbey. Un pays en guerre qui pleure ses innombrables morts, une foule de petits croix sur la pelouse face au Parlement. A travers la ville, quasiment tous les passants portent un coquelicot au revers de leur veste en signe de solidarité. Etrange ambiance.


UK - London - Westminster: Westminster Abbey - Remembrance Day

dimanche 25 octobre 2009

samedi 24 octobre 2009

La musique ou la grâce, la ferveur et l'émotion

Une émotion rare. Le concert merveilleusement dirigé par Gustavo Dudamel hier soir à la salle Pleyel, c'était tout cela à la fois, et bien plus encore. Je pense que ce sera l'émotion musicale de l'année en ce qui me concerne.

Il y a d'abord la musique d'un orchestre magnifiquement dirigé, la grâce d'une exécution fine, sans bruit, à la fois nette et vive. L'orchestre de Radio France d'abord, avec un Daphnis et Chloé de Ravel époustouflant. L'orchestre Bolivar des jeunes vénézuéliens ensuite avec un morceau d'un compatriote au rythme latin endiablé. Puis les deux orchestres réunis pour la Symphonie Fantastique de Berlioz, une "marche au supplice" majestueuse. Le Mambo de Bernstein en bis, sous les couleurs du Vénézuela.

Il y a aussi tout le reste. Un orchestre jeune et vivant, coloré. Qui bouge, qui vibre, et qui s'éclate. Un chef d'orchestre rayonnant qui dirige sans notes avec un dynamisme spectaculaire, mais toute en humilité, sans se prendre pour un chef. A 28 ans. Le public de la salle Pleyel unanimement debout tapant des mains de longues minutes, agitant des drapeaux, criant des bravos. Il s'en fallait de peu pour qu'il se mette à faire la hola comme dans dans un stade. L'incroyable projet social d'éducation par la musique qui est en amont et à l'origine du Bolivar Youth Orchestra (voir à ce sujet le documentaire Il Sistema sur Arte en deuxième partie de soirée, lundi 26 octobre).

Le concert d'hier a été diffusé en live sur les sites d'Arte, France Musique, Radio-France et celui de la salle Pleyel il me semble. Rediffusion non disponible pour l'instant mais ça viendra peut-être?

Un bien beau cadeau. J'y retourne pour la deuxième soirée, il paraît que le programme (un concerto de Tchaïkovski et la Symphonie alpestre de Strauss) est tout aussi prometteur.

> Gustavo Dudamel, Simón Bolívar Youth Orchestra Venezuela et Orchestre Philharmonique de Radio France, salle Pleyel le 23/10/2009

> Gustavo Dudamel et Simón Bolívar Youth Orchestra Venezuela, salle Pleyel le 24/10/2009

> Il Sistema, Arte le 26/10/2006




samedi 10 octobre 2009

Le corps des femmes

Intermède féministe (et pas que). Je viens de découvrir ce documentaire sur le corps des femmes dans le cirque télévisuel transalpin. La gravité des choses, j'avais pu l'observer moi-même en direct, et un certain nombre d'émissions m'avaient rapidement donné la nausée. Il manquait une analyse sérieuse pour le démontrer et tenter d'ouvrir les yeux à ceux qui persistent à se voiler la face. Merci Lorella Zanardo.

Quand on sait le pouvoir des modèles véhiculés par les médias, sans parler du piètre "exemple" que montre chaque jour le pitre en chef, dont on sait le peu de considération qu'il porte aux personnes de de sexe féminin (j'entends bien personnes, et non, postérieurs, sourires lèvres gonflées et poitrines siliconées, auxquelles il voue une admiration sans bornes, il n'y a qu'à voir le nombre de regards lubriques et paroles déplacées qui se perdent), il y a vraiment de quoi être effrayé. Combien de générations à rééduquer après ça, combien?

Tutto quà, traduit en plusieurs langues: http://www.ilcorpodelledonne.net/?page_id=515

"LE CORPS DES FEMMES est le titre de notre documentaire de 25’ sur l’usage du corps de la femme à la télévision. Nous sommes partis d’un état d’urgence. La constatation que les femmes, les femmes vraies, sont en train de disparaître de la télévision et qu’elles ont été remplacées par une représentation grotesque, vulgaire et humiliante."


Si les hommes n'ont pas la peau du cavaliere, peut-être que les femmes finiront par l'avoir?

La pétition de la semaine:

Cet homme offense les femmes et la démocratie: arrêtons-le :
Il est désormais évident que le corps des femmes est devenu pour le Président du Conseil une arme politique d’importance capitale. Il est utilisé comme dispositif de guerre contre la libre discussion, l’exercice de la critique, l’autonomie de la pensée. Il ne voit dans la femme que désir, charme juvénile, séduction physique et, par-dessus tout, la totale soumission au vouloir du chef. Elle n’existe que pour chanter avec le chef, faire écho aux paroles du chef, se mettre à la disposition du chef, comme dans les foires promotionnelles, ou dans tout ce qui soutient despotiquement le culte de la personnalité. Les qualités retenues utiles pour des shows publicitaires se sont transformées en talents politiques essentiels, produisant d’indécentes confusions de genres : l’obéissance et le charme sont devenus les indispensables atouts des femmes qui veulent prétendre à des postes de hautes responsabilités. Comme une burqa jetée sur le corps féminin afin de l’humilier sur les plateaux télévisés et le transformer en arme qui blesse tous et tout. Contre cette crétinisation des femmes, de la démocratie et de la politique elle-même, nous protestons. Cet homme offense les femmes et la démocratie. Arrêtons-le. »

merci Céleste pour la traduction (lien vers l'original).

Disperazione. Il fait bon être femme en France, par comparaison, même si...

dimanche 27 septembre 2009

Notre terreur, ou le renouveau du théâtre politique

La révolution nécessite-t-elle de gouverner par la terreur?

C'est le sujet au coeur de la pièce de Sylvain Creuzevault actuellement donnée à La Colline, en ouverture de la première saison placée sous la nouvelle direction de Stéphane Braunschweig (auparavant à la tête du théâtre national de Strasbourg). Sujet qui donne matière à débat, on s'en doute. Notre terreur s'ouvre sur un réquisitoire de Saint-Just et l'on comprend qu'on est au lendemain de l'exécution de Danton. Sous les projecteurs, le Comité de Salut Public fait le bilan et délibère des affaires courantes. Nous voilà ramenés aux années troubles qui suivirent la Révolution de 1789.

Pour l'histoire, un rattrapage en vitesse ici (une chronologie bienvenue figure dans le livret distribué aux spectateurs...)

La grande intelligence de la mise en scène est de placer l'action dans un décor d'aujourd'hui qui paraîtra familier à tout militant d'un jour ou de toujours, tant il rappelle une réunion de section partisane ou syndicale, un comité de lutte en apparence presque quelconque. Le public est réparti de part et d'autre de la scène, à quelques mètres des acteurs dont on peut saisir la moindre expression.

Au milieu une longue table parsemée de quelques verres et bouteilles autour de laquelle se réunissent huit membres du Comité de Salut Public, ceux qui décident de la poursuite de la révolution en général et du sort des contre-révolutionnaires en particulier.

On saisit peu à peu qui est qui, chacun a son caractère, son tempérament et sa vision des choses, sa part de responsabilité aussi. Parmi eux Saint-Just, le benjamin, aussi intransigeant qu'impulsif, Robespierre plus posé, meneur naturel, Collot aux opinions extrêmes qui n'hésite pas à réclamer la mort des coupables mais aussi de leurs proches. La troupe se joue à merveille des nuances de personnalité. Ils sont habillés sans chichis, comme vous et moi. Robespierre porte une chemise blanche et un pantalon à ceinture, Saint-Just une chemise noire qui tombe sur un jeans de la même couleur.

Les décisions, souvent dramatiques condamnations, se prennent au vote à main levée. La discussion est tendue: l'espace de la délibération et de la discussion se réduit progressivement, l'unité s'impose au prix d'une autorité de plus en plus marquée; il y a de moins en moins de place pour le désaccord. Au fil des séquences, la tension devient palpable et la camaraderie fait place au soupçon: la cohésion du Comité se fissure... Le spectacle du coup devient plus visuel, effet hémoglobine compris, et l'action s'accélère sous la tension.

En résumé, une pièce qui donne à voir et surtout à réfléchir en nous laissant nous interroger sur les contradictions du gouvernement au nom de la liberté mais contre celle-ci. Sans grandiloquence historique aucune. Comme si nous y étions. Comme si c'était une question d'actualité. Elle l'est.

Une pièce qui fait aussi écho au fonctionnement de la compagnie, puisque c'est une création collective qui s'appuie sur une vision horizontale et collaborative de la mise en scène plutôt que sur l'autorité du seul metteur en scène.

Longue vie à la jeune compagnie D'ores et déjà, qui présente en octobre une autre création en reprise à La Colline: le Père Tralalère

Je ne suis pas la seule à apprécier, d'autres avis:
Fabienne Darge pour Le Monde
René Solis pour Libération
Lena Martinelli pour les Trois Coups

> Notre Terreur. Jusqu'au 9 octobre. Théâtre de la Colline, 75020, métro Gambetta. tarif plein: 27€, 19€ le mardi (spectacle complet à la location en ligne, vous pouvez toujours essayer directement après du théâtre)

Sinon, rien à voir mais Transfer, de Jan Klata dont j'avais parlé l'année dernière est programmé à Paris dans le cadre du Festival d'Automne, du 5 au 7 novembre 2009 à Créteil.