lundi 19 novembre 2007

Paris Photo, morceaux choisis

Après le billet un peu énervé d'hier, écrit au retour d'un bain de foule involontaire et plutôt désagréable dans le cadre d'une exposition, voici quand même quelques lignes sur les photos que j'ai aimées. Comme l'écrit Lunettes Rouges sur son blog, Paris Photo est à la fois un lieu de trouvailles et de retrouvailles...

Les trouvailles

- les panneaux publicitaires vierges de Maurizio Montagna (extraits ici). Série N&B. Il fait des panneaux blancs et nus le sujet central de ses images. Jolie manière de nous faire réaliser la place qu'il occupent dans le paysage des périphéries urbaines (et les couleurs qu'ils seraient susceptibles d'y apporter une fois garnis d'affiches grand format?). Pour le coup bien mises en valeur, présentées comme une mini-série cohérente
- les photos des vendeurs de plage ambulants d'Eugenio Tibaldi: des ensembles brinquebalants aux couleurs bigarrées sur le dos d'un homme à peine visible, matérialisé principalement par son ombre se dégageant sur un fond blan immaculé.
- une photo de Shanghaï d'Olivo Barbieri (voir ici). Elle représente une place peuplée de personnes en mouvement (on devine que l'on est à proximité d'une gare ou d'un centre commercial). Un espace de circulation vu d'en haut qui dégage bien l'idée de la fourmillière urbaine, même si c'est au prix d'un trucage: en y regardant de plus près, on voit que l'espace est artificiellement surpeuplé par des personnages copiés collés à l'infini et disposés harmonieusement.
- je suis restée scotchée aussi devant les photos des carrières de marbre d'Edward Burtynsky, sujet détonnant et inattendu s'il en est, mais qui fournit de belles géométries carrées suivant les lignes de coupes
- la série des femmes voilées de Lalla Essaydi, se fondant plus ou moins, telles des caméléons, dans un arrière-plan de même motif. Pour les associations qu'elle a choisi, cet usage presque détourné qu'elle fait de la calligraphie arabe, réalisée au hénné sur des étoffes dont elle habille ses modèles et constitue le fond...
- les reflets dans une ambiance hall de gare de Lorenza Lucchi Basili. Enigmatiques, parfois sens dessus-dessous, épurés.

Les retrouvailles

- Les photos de la plage, des vacances et des loisirs de Massimo Vitali, dont j'aime les couleurs un peu délavées qui font ressortir les tons vifs sur un sable presque invisible (j'en avais déjà vu quelques unes à Rome l'année dernière).
- Les choix osés et parfois provocateurs de la Photographer's Gallery de Londres, où j'avais coutume d'errer les week-ends quand j'y vivais. Qui suscite en générale des réactions assez franches: on aime ou pas du tout. Des photos enfermées dans un tout petit espace, trop serré, malheureusement.
- Les images lisses, étudiées et composées, mais toujours attachées à représenter le réel des grands photographes de reportage des galeries Vu et Magnum.

Quand j'aurais un peu de temps je complèterai les liens.

En passant, toujours sur le blog du monsieur aux lunettes rouges, j'ai appris des choses sur la reproduction d'images des oeuvres d'art. La reproduction sur internet est soumise aux mêmes règles qu'une reproduction sur papier: c'est une publication. Bon à savoir, les règles françaises sont relativement restrictives: en principe on ne peut par mettre librement en ligne plus de deux images d'oeuvres par artistes ou par exposition, et ce uniquement pour la durée de l'exposition. Ecrire ou lire un discours sur l'art est une chose, pouvoir le rapporter à un échantillon visuel en est une autre. Parfois on peut se demander si les uns et les autres y trouvent véritablement leur compte... Pour qui souhaite creuser la question, se reporter au blog où la chose a fait amplement débat il y a quelques mois.

1 commentaire:

Lunettes Rouges a dit…

Moi aussi, je passais mon temps à la Photographers' Gallery !
Pour la reproduction d'images, c'est un peu plus compliqué, contacte moi hors blog si tu veux.
(lunettes point rouges arrobase wanadoo point fr)